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| ÉLIZAVIÉTA
BAM Le surréalisme russe passe par le Québec. Je suis dans une salle de répétition à Montréal, mais j’ai l’impression d’observer une danse de la rage dans un coin perdu du système solaire. Au son d’une musique jazz, des acteurs canadiens font des enchaînements libres de mouvements aériens, chaque mouvement en générant un autre dans la direction opposée. Le metteur en scène russe Oleg Kisseliov demande aux acteurs de ne pas utiliser leur imagination et de travailler à un niveau purement intuitif. Cela demeure théorique jusqu’à ce qu’on assiste à une scène de combat : la spontanéité de réaction des acteurs la rend plus réelle que la majorité des scènes de combat. Kisseliov travaille avec Les Créations Diving Horse, une compagnie montréalaise de théâtre expérimental qui s’inspire du théâtre physique de Jacques Lecoq. La compagnie vient à Edimbourg présenter une production d’Élizaviéta Bam du grand auteur russe surréaliste Daniil Harms. Cette pièce de 1927 raconte l’histoire d’une femme hantée par la culpabilité et tourmentée par de mystérieux personnages malveillants. « C’était une époque révolutionnaire sur le plan artistique en Russie », nous dit Kisseliov. « Je suis fier que Daniil Harms ait créé quelque chose qui s’adresse à tout le monde. C’est une forme réelle, élémentaire, fantastique et universelle de théâtre moderne. J’ai ma vision de la pièce, mais quand les acteurs commencent à jouer, j’ai du plaisir à voir les nouvelles idées surgir. » |
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