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| ÉLIZAVIÉTA
BAM « Mes épaules sont comme un soleil levant. » « Mes jambes sont comme des concombres. » Voici un exemple typique de l’intelligibilité des dialogues de la production pleine de mystère et d’ambiance d’Oleg Kisseliov. La pièce est l’adaptation d’un texte de 1927 du Russe Daniil Harms. Elle a été traduite du français vers l’anglais par la compagnie québécoise. On a conservé quelques répliques en français, ce qui ajoute à l’impression de « non-espace-temps ». Il y a de l’humour noir et les personnages sont tour à tour menaçants et comiques. L’affiche nous promet « du pur délire dans le théâtre absurde ». Le spectacle nous offre un magnifique surréalisme rendu par des comédiens ensorcelants qui bougent avec grâce dans un décor simple mais efficace, dansant, grimpant, se disputant et se battant avec une agilité qui tient du dessin animé. La musique, qui va du jazz des années 20 aux chants de gorge de Mongolie, est toujours utilisée de façon impeccable. Le spectacle est pour ainsi dire incompréhensible, mais ce n’est pas grave, on y trouve suffisamment de matière pour ne pas avoir besoin d’une histoire. Il semble qu’on nous propose une réflexion sur l’individu et la société, mais une seule représentation ne suffit pas pour y avoir accès. Élizaviéta Bam satisfait, distrait et trouble, mais ne réussit pas totalement à faire passer son propos. Les
hauts : les grandioses râles d’agonie |
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